Célina SILVA
Consultante et formatrice en sécurité relationnelle · Prévention des tensions et des violences · Accompagnement psychocorporel (traumas) · Ateliers et formations sur mesure
Célina SILVA
Consultante et formatrice en sécurité relationnelle · Prévention des tensions et des violences · Accompagnement psychocorporel (traumas) · Ateliers et formations sur mesure
Dans les structures que j'accompagne, il y a rarement une crise soudaine. Il y a une accumulation. Des frictions qui durent. Des non-dits qui s'installent. Et un jour, quelque chose cède — un départ, un arrêt maladie, un conflit qui éclate au grand jour. Ce qui suit, c'est toujours la même phrase : "On voyait que ça n'allait pas, mais on ne pensait pas que ça irait aussi loin."
Il y a dans certaines équipes une ambiance particulière. Pas franchement mauvaise. Pas franchement bonne. Une sorte de tension latente que chacun a appris à gérer à sa façon — en évitant les sujets qui fâchent, en ne disant pas tout ce qu'on pense en réunion, en réglant les problèmes relationnels par des détours plutôt qu'en face.
Ce n'est pas du mauvais vouloir. C'est une adaptation. Les équipes, comme les individus, s'habituent à fonctionner dans des conditions sous-optimales. Elles s'ajustent. Elles compensent. Et elles finissent par trouver ce fonctionnement normal.
Jusqu'au moment où il ne l'est plus.
Ce que j'observe depuis plus de 20 ans dans les organisations — petites structures, associations, entreprises de taille intermédiaire — c'est que les tensions relationnelles non traitées ne se résolvent pas d'elles-mêmes. Elles s'enkystent, se déplacent, et finissent par coûter bien plus cher que ce qu'on aurait investi pour les traiter au bon moment.
Quand une tension relationnelle n'est pas nommée ni traitée, elle ne disparaît pas. Elle se manifeste autrement.
Sur les personnes d'abord. Le stress chronique lié à un environnement relationnel dégradé épuise. Il consomme de l'énergie cognitive, émotionnelle et physique. Les personnes exposées à des tensions durables sont plus vulnérables à l'épuisement professionnel, plus souvent absentes, moins disponibles pour leur travail réel. Leur seuil de tolérance baisse. Leurs réactions deviennent moins calibrées. Et elles commencent à chercher ailleurs.
Sur la dynamique collective ensuite. Une tension entre deux personnes ne reste jamais entre deux personnes. Elle crée des alliances implicites, des prises de position, des silences dans les réunions, des informations qui ne circulent plus normalement. La coopération se réduit. La créativité s'étiole. La performance collective recule — pas spectaculairement, mais régulièrement, sûrement.
Sur l'organisation enfin. Un départ non anticipé, un arrêt longue durée, une procédure RH, une médiation externe sollicitée en urgence — tout cela a un coût. Un coût direct : remplacement, formation, temps de management mobilisé. Et un coût indirect, plus difficile à mesurer mais bien réel : la perte de mémoire organisationnelle, la désorganisation temporaire, l'impact sur les équipes qui restent.
Si les coûts sont si réels, pourquoi tant d'organisations attendent-elles que la situation soit critique avant d'intervenir ?
Plusieurs raisons se combinent.
La première, c'est la difficulté à nommer. Les tensions relationnelles ne sont pas toujours visibles ni facilement objectivables. Ce ne sont pas des incidents clairement identifiables — ce sont des atmosphères, des dynamiques, des ressentis. Et ce qui n'est pas nommé est difficile à traiter.
La deuxième, c'est la peur de mal faire. Intervenir sur le relationnel, c'est entrer dans un terrain perçu comme complexe, délicat, voire risqué. Beaucoup de responsables préfèrent ne rien faire plutôt que d'aggraver les choses sans le vouloir.
La troisième, c'est la croyance que ça va passer. Que les choses vont se tasser. Que les personnes vont trouver un modus vivendi. Cette croyance est compréhensible — et elle est très souvent démentie par les faits.
Intervenir sur les tensions relationnelles avant qu'elles ne dégénèrent, c'est toujours plus simple, plus rapide et moins coûteux qu'intervenir après.
Ce que je propose dans mes interventions auprès des organisations n'est pas une thérapie de groupe, ni une session de team-building. C'est un travail de fond sur les mécanismes qui fragilisent la communication — la sécurité relationnelle, la posture professionnelle, la capacité à nommer et réguler ce qui se passe dans les interactions.
Ce travail repose sur trois axes concrets.
Comprendre ce qui se joue réellement. Stress, surcharge, non-dits, schémas relationnels automatiques — identifier les mécanismes à l'œuvre permet de cesser de chercher des coupables et de commencer à construire des solutions qui tiennent.
Ajuster les postures et les pratiques. La façon dont on communique sous pression, dont on pose des limites, dont on accueille un désaccord — tout cela s'apprend, se travaille, s'ajuste. Pas pour devenir parfait, mais pour être plus juste et plus efficace.
Créer un cadre relationnel plus sécurisant. Des règles du jeu claires, des espaces pour nommer ce qui coince, des outils pour désamorcer avant que l'escalade ne s'installe.
Si vous reconnaissez dans votre organisation certains des signaux décrits ici — communication dégradée, tensions répétées, turn-over inhabituel, engagement en baisse, épuisement de certaines personnes clés — ce n'est pas une fatalité.
C'est un signal. Et un signal, ça mérite d'être entendu avant qu'il ne devienne une crise.
J'interviens auprès des entreprises, associations, structures médico-sociales et collectivités, partout en France, en présentiel et en distanciel. Chaque intervention est construite sur mesure, ancrée dans la réalité de votre organisation.
Célina SILVA est consultante et formatrice en sécurité relationnelle, spécialisée dans la prévention des tensions et des violences en milieu professionnel. Elle intervient auprès des organisations.